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Alors que des travaux sont pratiqués actuellement sur la zone du Plessis au Loroux-Bottereau (44)  pour la construction d’une zone d’activités, quatre archéologues ont trouvé des traces « qui ressemblent à un site d’habitat que l’on peut dater à un siècle environ avant Jésus-Christ », précise Yann Viau, archéologue en charge des recherches sur le site lorousain.

L’ensemble des recherches vont désormais faire l’objet d’un rapport topographique. L’État décidera ensuite s’il y a lieu de pousser plus loin les recherches.

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Le 3e colloque international sur les pierres levées et statues menhirs au Néolithique se tiendra du 12 au 16 septembre à Saint-Pons-de-Thomières (Hérault).

« On travaille depuis plusieurs mois dans une phase de conception et nous sommes arrivés maintenant dans l’organisation détaillée de ces journées », a expliqué Michel Fradin de Bellabre, secrétaire du Groupe archéologique du Saint-Ponais (Gasp) porteur de ce projet qui va rassembler des chercheurs « avec un rayonnement qui va bien au-delà du cercle restreint de la région », se réjouit Gabriel Rodriguez, président du Gasp.

En effet, des scientifiques viendront de tout l’Hexagone, mais aussi du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de Russie, de Suisse, de Grande-Bretagne et peut-être de Turquie, pour faire le point sur les dernières découvertes et connaissances acquises ces dernières années dans le domaine de la statuaire mégalithique.

Le musée Denon de Chalon-sur-Saône a deux credo, l’archéologie et évidemment les Beaux-arts, deux credo qui ne se croisent pas forcément même s’ils voisinent. Cette exposition est l’occasion de les confronter et de conjuguer une même interrogation et un même sujet : la guerre et la violence latente des sociétés depuis l’époque gauloise jusqu’à nos jours. Une violence que les archéologues n’ont guère pris en compte avant les dix dernières années, pourtant, les armes ont été les marqueurs principaux des civilisations anciennes, celles qui servaient à dater un dépôt funéraire, une tombe avant que les hommes ne laissent des traces écrites et des constructions en dur.

Cette exposition met l’accent sur un domaine, l’archéologie dont le musée possède, peu le savent, une collection qui fait référence à l’étranger. Nul n’est prophète en son pays ! De prestigieux musées archéologiques envient à Chalon, cette collection d’armes de l’Age du bronze issues des fouilles subaquatiques menées par Louis Bonnamour ou découvertes par des dragages dans la Saône.

L’exposition débute par la présentation de certaines de ces armes mises en relation avec d’autres éléments de l’armement du guerrier dont le casque. Bibracte a fourni une copie d’un casque surmonté d’un oiseau stylisé qui devait plus servir à la parade qu’au combat. Ces armes voisinent avec un moulage du célèbre Hoplite, le guerrier grec est représenté au sol dans une position douloureuse, le Gaulois vaincu lui répond dans la salle opposée.

Les Beaux-arts ont récupéré la figure du héros de l’Antiquité, mythifié, idéalisé : César, Hannibal, Didon, Enée dont les pérégrinations largement comptées par les auteurs ont servi de sujets à dessins, toiles et sculptures que présente le musée. L’Antiquité a parfois aussi servi de paravent à des artistes de la fin du XVIII e siècle qui trouvaient habile de convoquer les mythes fondateurs de Rome et l’histoire de Brutus en lutte contre les Tarquins que l’on peut lire plus volontiers comme une évocation de la lutte des révolutionnaires contre une royauté déjà chancelante. La figure de César, héros d’Alésia, sera longtemps utilisée et mise à toutes les sauces !

Ainsi, ce César figuré sur un carreau de grès bleu de Varzy se voit affublé d’une tiare toute papale et d’une sphère surmontée d’une croix, au XVI e siècle, on en est plus à une liberté près avec la réalité historique. Le même César représenté par un artiste du XVII e siècle a tout de la figure christique en découvrant son ami Pompée, décapité. La célébrité autorise tout !

Dans la guerre, il y a toujours un vainqueur et un vaincu. La guerre n’est parfois qu’évoquée, en 1914, un casque de poilu planté sur un bâton au milieu du champ de bataille évoque bien plus qu’un cadavre. Cette guerre que certains appelaient de leurs vœux car seule capable, à leurs yeux, de laver l’humiliation de 1870 comme l’explique Jean-Yves Le Naour dans ses ouvrages fut une boucherie sans nom, mais, le mythe du guerrier reparaît.

En 68, les étudiants n’ont plus de bouclier de métal, juste un bouchon de poubelle pour se protéger des CRS, la cotte de mailles gauloise a laissé place au jean et à la chemise, la guerre est civile, au pied des immeubles visible de tous.

La violence, elle demeure !

Musée Denon de Chalon, à voir jusqu’au 17 septembre tous les jours sauf le mardi de 9 h 30 à 12 heures et de 14 à 17 h 30.

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Le service d’archéologie du canton de Bâle-Campagne (Suisse) vient d’annoncer la découverte d’un trésor archéologique composé de 293 pièces de monnaie celte en argent.

Enterrées vers 80 ou 70 avant Jésus-Christ à Füllinsdorf dans le nord de la Suisse, les pièces seraient des « quinaires de Kaletedoy ». Chacune d’elles mesure un centimètre de diamètre pour un poids de 2 grammes.

Inspirées par les monnaies romaines mais d’un format plus petit, les pièces sont originaires de l’est de la France mais étaient aussi en circulation sur l’actuel territoire Suisse.

Pour le chef du département de la culture, Urs Wütrich, cette « découverte du siècle » serait la plus importante jamais réalisée en Suisse. Les pièces sont exposées dans un musée de Liestal avant d’être étudiées par des scientifiques.

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Sur le site néolithique, près d'un trou de poteau, Stéphane Blanchet et Françoise Le Boulanger, responsables du chantier archéologique.

La ville a décidé de construire un lotissement à proximité des Lignes de la Gonzée, route de Pacé, sur 7 ha. En préalable un diagnostic archéologique a mis en évidence un site intéressant. Depuis le 13 février, sous la conduite de Stéphane Blanchet, chargé d’études et de recherche à l’INRAP (institut national de la recherche archéologique préventive) en préhistoire récente et protohistoire ancienne, et Françoise Le Boulanger de l’INRAP, spécialiste du Moyen Âge, une vingtaine de personnes sont présents sur le terrain.

L’emprise des fouilles s’étend sur 60 000 m 2 . Le volume de terre à déplacer et à stocker sur site est de 40 000 m 3 . Le décapage est effectué par trois pelleteuses de l’entreprise Beaussire de Catz dans la Manche et les trois tracteurs agricoles de l’entreprise Lemoine d’Alençon. Il a débuté au sud, à la Patenoterais.

Une maison monumentale

Pressentie au diagnostic, la maison du néolithique moyen (vers 4 200 à 4 000 ans avant JC) « se dessine progressivement sous nos yeux, comme le précise Stéphane Blanchet. Nous rencontrons d’énormes trous de poteaux, de 1,20 m de profondeur sur 1 m de diamètre, qui contenait un poteau en chêne de 0,50 m ». Et de poursuivre : « la maison a un plan, façade au sud, de 12 m de largeur sur 50 m de long soit 600 m 2 . Elle avait peut-être un étage ou un grenier »

À l’extérieur, divers foyers, près desquels les chercheurs de l’INRAP ont trouvé des haches polies, de la céramique caractéristique de l’époque : vaisselle et vases à cuire, des silex, des rejets domestiques dont des os de la faune locale ainsi que des Esthèques, sortes de galets servant à lustrer la surface des céramiques. À l’Ouest de la maison semble se dessiner, en flanc de coteau et face au ruisseau de Biardel, soit un amas de torchis (les maisons étaient en bois et terre) soit un tumulus. L’ensemble du site devait couvrir au néolithique environ 15 ha.

Les fouilles vont durer jusqu’ en octobre avec d’autres fouilles sur la période gallo romaine et moyenâgeuse. Si le site est aujourd’hui interdit au public « en juin, lors des Journées du patrimoine, nous organiserons des visites guidées pour le public et les scolaires. Notre souci, précise Stéphane Blanchet, est d’ouvrir le chantier de fouilles a l’ensemble de la population environnante au moment opportun »

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Loïc Buffat, présentait ici l’une des cinq épées gauloises découvertes dans des tombes de la nécropole. /photo archives JMG.

 

 

Quelques mois après la découverte exceptionnelle de cinq épées sur le Causse datant de plus de 2600 ans, les archéologues livrent les premiers enseignements de la nécropole gauloise.

Les fouilles archéologiques préventives qui ont été réalisées sur le Causse, côté aéroport, en prévision des travaux d’extension de la zone d’activités, ont été particulièrement exceptionnelles. Financées par la communauté d’agglomération Castres-Mazamet qui va aménager cet espace situé à l’arrière de l’ancienne piste d’aviation, elles ont permis de mettre à jour pendant l’été 2010 une imposante nécropole (un cimetière) qui a livré de nombreux enseignements aux chercheurs. 350 tombes datées entre l’âge de bronze (fin Xe avant JC) et l’âge de fer (VIe avant JC) ont été minutieusement dégagées et analysées. Loïc Buffat, responsable de la fouille confiée à sa société Mosaïque Archéologie, rendait compte de ses travaux avant-hier à l’amphithéâtre du Causse : « De façon générale, on peut dire qu’il y a 30 siècles environ, vivaient dans le castrais des communautés dont l’organisation est impressionnante. La nécropole que nous avons fouillée montre la pérennité et la stabilité de la communauté. »

Chaque sépulture contient en général son vase cinéraire, des objets métalliques du quotidien, rasoir, épingles ou broches. Chacune des quatre zones bien identifiées démontre de l’évolution des pratiques dans le dépôt des cendres. Le moindre indice permet parfois d’identifier un pillage, ou une réouverture volontaire de ses petites cavités toutes faites de la même façon : un trou creusé dans la roche calcaire de petite taille contenant des vases, parfois des offrandes et des objets métalliques.

Mais dans la zone la plus récente (500/600 ans avant JC) comptant une centaine de tombes, les archéologues ont eu la joie de découvrir un bûcher, des céramiques grecques, deux tombes de chevaux et surtout cinq épées gauloises. Des glaives de 30 à 50 cm de long, épées en fer à antennes appelées ainsi en raison des ergots disposés dans le prolongement du manche. Une découverte rare d’objets à la valeur inestimable qui seront certainement un jour exposés à Castres. Elles ont fait l’objet d’un traitement chimique afin de stabiliser leur état et sont encore étudiées sous toutes les coutures pour en tirer la moindre information. Conservées pour l’instant au centre régional de l’archéologie, ces pièces démontrent que le secteur du Causse était très habité à l’époque protohistorique. Là même où aujourd’hui on va implanter de nouvelles activités humaines.

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L’universitaire Christian Joseph Guyonvarc’h, linguiste et historien, spécialiste reconnu au plan international des études celtiques, est décédé le 9 janvier dernier, a-t-on appris auprès de l’un de ses éditeurs, les éditions Armeline.

Traduit dans une dizaine de langues, Christian J. Guyonvarc’h était un spécialiste de la mythologie et des langues celtiques. Il avait soutenu sa thèse de doctorat d’Etat en 1980 sous la présidence du grand linguiste et philologue Georges Dumézil, qui n’a accepté cette responsabilité qu’à trois reprises au cours de sa longue carrière.

Né à Auray (Morbihan) en 1926, bretonnant de naissance, cet érudit, qui a mené ses recherches toute sa vie avec son épouse, Françoise Le Roux, spécialiste des religions et également élève de Dumézil, avait enseigné pendant plus de 20 ans l’irlandais ancien et le breton à l’Université de Rennes II.

Il était l’un des très rares spécialistes à maîtriser les trois principales langues celtiques (gaélique, gallois et breton) dans leurs états ancien, moyen et moderne, donnant un accès direct aux sources. A ce titre, Jean-Marie Gustave Le Clézio (prix Nobel de littérature), qui dirige la collection « l’Aube de peuples » chez Gallimard, lui avait confié la traduction de l’épopée irlandaise « La razzia des vaches de Cooley ».

Parmi ses ouvrages de référence, « Magie, médecine et divination chez les Celtes » (Payot), ou « Le sacrifice dans la tradition celtique » (Armeline). Il a également collaboré à de nombreux ouvrages collectifs français ou internationaux, dont l' »Encyclopedia of religions », sous la direction de Mircea Eliade (MacMillan and Free Press, 1986-1987), l' »Encyclopaedia Universalis » ou le « Dictionnaire des symboles » chez Robert Laffont (collection Bouquins).

Il avait enfin rédigé une édition commentée du « Catholicon » (rééditée en 2005) de Jehan Lagadeuc (1464), dictionnaire breton-latin-français et, à ce titre, premier dictionnaire en français.

Les éditions Armeline devraient publier plusieurs textes inédits dans les années à venir, selon l’éditeur Laurent Planchais-Lagatu.

(source :  http://www.rennes.maville.com/)

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Les archéologues de l’INRAP qui fouillent le tracé du canal Seine Nord europe ont découvert une magnifique statuette de Vénus datant du néolithique.

Déjà baptisée La Dame de Villers-Carbonnel du nom de la commune où se trouve le site néolithique, cette statuette en terre cuite n’a que de très rares équivalent.

L’Inrap présente ainsi le site de fouilles : «Sur la rive gauche de la Somme, les archéologues ont dégagé deux vastes enceintes appartenant à la culture chasséenne (environ 4300-3600 avant notre ère). La plus ancienne est délimitée par un fossé et une palissade définissant un espace d’environ 6 hectares. À celle-ci succède une autre enceinte, bien plus vaste, comportant également une palissade, mais ponctuée sur l’extérieur de tronçons de fossés. La surface enclose est alors de plus de 15 hectares, bien au-delà des 6 à 10 hectares des enceintes habituelles généralement mises au jour. Elle abritait des habitats et de nombreuses structures ont été fouillées : bâtiment, fossés, trous de poteau, fours…»

Les archéologues ont d’abord retrouvé des fragments de statuette dans un four dont la voûte de terre s’est effondrée. Puis, après remontage des fragments, la statuette s’est révélée entière.

En voici la description par les découvreurs : «Haute de 21 cm, elle est modelée à partir d’une plaque d’argile rectangulaire. Les hanches sont larges et accentuées, les fesses proéminentes et viennent amplifier le déséquilibre entre la partie inférieure du bassin et la taille étroite et fine. Les bras sont esquissés par deux bourrelets au niveau des épaules, mais ne sont pas réellement figurés, pas plus que les mains. Le sexe n’est pas représenté, mais les seins sont formés par l’ajout de deux petites boules de pâte légèrement étirées. La tête enfin, très stylisée et sans visage, est constituée d’un simple cône. Cette statuette féminine possède des lignes pures mais asymétriques, c’est par exemple le cas des seins et des jambes. On assiste ici à une forte abstraction de la représentation du corps féminin, marquée par la largeur des hanches et les seins.»

La dame de Villers-Carbonnel, comme celles découvertes auparavant pour cette époque, est stylisée et caractérise une époque durant laquelle s’opère une dissolution de la figuration. Le caractère exceptionnel de la découverte tient à la fois à l’intégrité de la statuette et à la rareté de ces figurations féminines au sein des ensembles du Néolithique moyen.

(source : Sylvestre Huet : Libération)

A Cavaillon, des fouilles préalables avaient été lancées, voici deux mois, avant que débute un vaste chantier de construction de logements sociaux, en périphérie de la ville, sur la route de l’Isle sur la Sorgue.

Elles n’ont pas été vaines, puisqu’elles ont permis de mettre au jour ce que les chercheurs n’hésitent pas à qualifier d' »important site gaulois ». Pour l’instant, les archéologues de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) qui ont fouillé des centaines de mètres carrés, gardent jalousement les secrets de leur découverte.

Mais dans les tout prochains jours, ils devraient dévoiler publiquement les premières interprétations qu’ils ont pu tirer à l’issue de deux mois de fouille grâce aux vestiges et au mobilier prélevés sur les lieux.

(source : J.Bn. :  laprovence.com)

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INRAP Institut national de recherches archéologiques préventives – 11/11/2011 16:05:00

Depuis près de dix ans, des vestiges du Néolithique et de l’âge du Bronze d’une grande richesse sont découverts dans l’archipel de Molène, au large de la côte ouest du Finistère : concentration exceptionnelle de monuments mégalithiques, habitats, faune, céramiques et pierres taillées… autant d’indices qui permettent de cerner la chronologie des occupations humaines.

Sur l’île de Molène, c’est un bâtiment occupé entre 2200 et 1800 avant notre ère qui vient d’être fouillé. Pour mieux comprendre les hommes qui vécurent ici durant la Préhistoire récente et leur relation avec l’environnement, des études pluridisciplinaires sont menées, sur les variations du niveau marin, les sols, le paysage végétal et la faune.

Un site insulaire unique

En 2003, les archéologues repèrent un amas coquillier à la pointe de Beg ar Loued. Sa fouille est l’occasion d’exhumer les vestiges d’un habitat en pierres sèches dont les murs sont encore en élévation sur plus d’1,4 mètre. Des semences, des restes osseux (rarement préservés dans le sol acide de la Bretagne) et des outils en pierre sont prélevés et étudiés, ainsi que de la céramique, dont l’analyse permet de situer dans le temps les occupations du site : l’une, avant la construction de l’habitat, se rattache au style Conguel (vers 2700 ans avant notre ère), une autre à la fin du Campaniforme (2200 à 2000 avant notre ère) et une dernière à l’âge du Bronze ancien (2000 à 1800 avant notre ère).

Les campagnes de fouille successives ont permis de dégager le bâtiment, de forme ovale et construit en plusieurs phases. Dans son état initial, il mesure 13 mètres de long, ses murs extérieurs sont parementés de dalles de chant en gneiss et en granite. Dans son état final, il mesure près de 11 mètres de long pour un peu moins de 6 mètres de large. Les murs, de 2 mètres d’épaisseur, mêlent pierres sèches et dalles de chant. Les élévations semblent avoir conservé par endroits leur hauteur originelle, qui se situe autour d’ 1,4 mètre. Par sa forme et son mode de construction, ce bâtiment présente des analogies avec plusieurs habitats du Campaniforme retrouvés du Portugal jusqu’aux Hébrides, en Écosse.

Ces recherches, exceptionnelles par la diversité des vestiges mis au jour et leur bon état de conservation, permettent de cerner le mode de vie d’une communauté insulaire depuis la fin du Néolithique jusqu’à l’âge du Bronze ancien.

Artisanat et industrie

Les céramiques se rattachent à la fin du Néolithique et aux débuts de l’âge du Bronze, une période mal connue dans le nord de la France. De nombreux tessons présentent des caramels de cuisson et leur datation par le radiocarbone offrira l’opportunité d’établir une chronologie absolue des productions céramiques entre la fin du IIIe millénaire et le début du IIe millénaire avant notre ère.

L’étude de l’industrie lithique, réalisée à partir d’un corpus de plus de 36 000 artefacts (hors esquilles), montre une exploitation exclusive des galets locaux en silex, en grès armoricain ou en quartz. La nature des roches employées indique que les habitants avaient une bonne connaissance de leurs propriétés mécaniques.

Autour de 2700 avant notre ère, l’outillage, très spécialisé, est dominé par les mèches de foret (petites pointes en silex utilisées pour perforer), qui pourraient avoir servi au travail des quelques perles en test (coquille) de pourpre découvertes à proximité. Au Bronze ancien, les grattoirs sont majoritaires.

D’autres outils en pierre comme des percuteurs, des enclumes, des pilons des broyons ont été utilisés dans le cadre d’activités domestiques et artisanales. De nombreuses meules en granite ont été identifiées, dont la plupart ont été récupérées d’occupations antérieures, et réemployées dans l’architecture en pierres sèches.

Fait rarissime dans la région, l’activité métallurgique est attestée par quelques indices : un moule en granite, un déchet comportant des inclusions cuivreuses et cinq petits objets brisés – probables éléments de parure – en tôle d’alliage cuivreux. En revanche, l’origine des minerais de cuivre demeure inconnue.

La pêche, l’élevage, la chasse et l’agriculture

L’analyse des vestiges organiques a permis de mieux comprendre le mode de subsistance des habitants de Beg ar Loued.

La variété d’espèces et la taille souvent modeste des poissons montrent qu’une pêche opportuniste était effectuée depuis la côte, probablement grâce à des barrages de pêcherie fixes. Elle était pratiquée en toutes saisons, même si elle apparaît plus importante au printemps et plus ciblée sur la famille des labridés (labres, vieilles, girelles…) en période hivernale. Les 30 kilos de tests analysés montrent que la patelle domine de manière écrasante le spectre des mollusques marins.

L’élevage, d’après les données réunies sur divers sites de l’archipel à Béniguet, à Balaneg et à Kemenez, était pratiqué depuis le IVe millénaire au moins dans l’archipel de Molène, les dates les plus anciennes obtenues pour la Bretagne continentale étant situées autour du début du Ve millénaire avant notre ère. À Beg ar Loued, il concernait notamment le boeuf et le mouton, peut-être la chèvre, le porc étant plus faiblement représenté.

La pratique de la chasse est attestée par des restes de phoque gris et de nombreux oiseaux : canards, bécasse, courlis cendré, cormorans, goélands, macareux moine, pingouin torda ainsi que pygargue à queue blanche, disparu de France au cours du xxe siècle.

La quasi-totalité des espèces, oiseaux marins compris, ont pu être consommées par l’homme, comme elles le sont encore dans le nord-ouest de l’Europe. Quelques restes d’un grand cétacé – vraisemblablement un rorqual commun – révèlent la mise à profit d’un échouage naturel.

Certaines variétés de graines cultivées ont été mises en évidence par la carpologie, comme l’orge à grains nus et vêtus, le blé amidonnier, le froment, les féveroles ou les pois.

L’étude de l’environnement

À travers l’étude des charbons de bois, l’anthracologie a révélé une grande variété d’essences d’arbres (chêne, houx, genet, ajonc, poirier, pommier, sorbier, merisier, prunellier, noisetier…) typiques des chênaies atlantiques ; le plateau molénais disposait encore probablement d’un couvert forestier, au moins dans sa partie méridionale protégée des vents dominants.

Grâce aux analyses palynologiques à venir, les archéologues tenteront de reconstituer l’histoire de la végétation holocène, les variations du niveau marin et l’impact de la métallurgie sur les formations forestières. L’étude des pollens sera réalisée conjointement avec celle des foraminifères (animaux microscopiques recouverts d’une coquille, de la famille des rhizopodes) pour comprendre comment, sous l’effet de la remontée du niveau marin, s’est fragmenté le vaste plateau de Molène en une multitude d’îles et d’îlots, alors qu’il formait une même île il y a moins de 8 000 ans : à quel moment et dans quel ordre les îles se sont-elles trouvées isolées les unes des autres ? Quelle a été l’évolution des paysages côtiers dans l’archipel depuis le Néolithique ?

L’analyse des microvertébrés (petits mammifères, reptiles et amphibiens…) révèle la présence d’espèces aujourd’hui disparues de l’archipel de Molène et l’existence d’un syndrome insulaire chez bon nombre d’entre elles : taille supérieure à celle des individus des populations continentales des mêmes espèces et présence de morphotypes déviants. L’étude de ces particularités permettra de documenter l’évolution des populations de microvertébrés depuis le Néolithique récent et son lien avec l’activité de l’homme et ses déplacements dans les îles du Ponant.

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