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Archive for décembre 2009

Ces traces d’activités humaines, les plus vieilles en Europe occidentale, remonteraient à près de 1,6 million d’années.

Comme souvent en archéologie, la découverte a été fortuite. C’est en se promenant dans la carrière de basalte de Lézignan-la-Cèbe (Hérault) qu’un habitant de ce village ramasse, dans un «trou», de nombreux ossements. Il les porte à des archéologues qui vont très vite s’apercevoir que cette cavité recèle des fossiles d’os et de dents appartenant à de nombreux vertébrés : bovidés, cervidés, équidés, rhinocérotidés, proboscidiens (sans doute un Mammuthus meridionalis), oiseaux et reptiles. Cette faune est représentative d’une époque allant de – 1,8 million d’années à – 780 000 ans. Et la chance des archéologues est que la coulée de basalte qui recouvre le site, due à une éruption du volcan des Baumes, a pu être datée de – 1,57 million d’années. Ce qu’il y a dessous est donc forcément plus vieux. Cerise sur le gâteau, des fouilles récentes ont mis au jour un cortège d’objets fabriqués par l’homme. Il s’agit donc des plus ­anciennes traces d’activité humaine ­jamais découvertes en Europe occidentale, selon la note d’Yves Coppens dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences.

«Galets aménagés»

«Nous avons environ 500 objets numérotés et décrits, explique Jean-Yves Crochet, l’archéologue du conseil général de l’Hérault qui dirige les fouilles. Et nous n’avons encore exploré que moins d’une dizaine de mètres carrés sur seulement 30 centimètres de profondeur. C’est dire la potentialité de ce site .» Parmi toutes les pièces recueillies figurent une vingtaine de ce que les spécialistes appellent des «artefacts», comme les «galets aménagés». Ce sont des outils de pierre qui ont été taillés soit sur une seule face soit sur deux. L’espoir est bien sûr, in fine, de trouver des restes d’hominidés. Mais il ne faut pas être trop pressé. «En Géorgie, à Dmanissi, il a fallu dix ans de fouilles pour retrouver des ossements humains .Et cet Homo georgicus date de 1,8 million d’années », se souvient Jean-Yves Crochet.

La région de Lézignan-la-Cèbe est très riche en vestiges archéologiques. «Dans un rayon de 100 kilomètres, on trouve 600 millions d’années d’histoire de la Terre, aussi bien terrestre que maritime, dont l’histoire humaine bien plus récente», constate Jean-Yves Crochet. Les fouilles menées dans la carrière de Lézignan-la-Cèbe par une équipe pluridisciplinaire ont également permis de montrer que le climat qui régnait à cette époque était chaud et humide et qu’il y avait un cours d’eaux vives à proximité. «Il est sûr que le contexte géologique du site est favorable et qu’il est potentiellement très riche», estime Grégoire Métais, chercheur CNRS détaché au Muséum national d’histoire naturelle, qui a travaillé sur les fossiles d’animaux.

Cette découverte éclaire également l’histoire des premiers hominidés, notamment leur «colonisation» des continents. Les premiers fabricants d’outils, comme Homo habilis, apparaissent il y a 2,5 millions d’années en Afrique de l’Est. On les retrouve ensuite aux portes de l’Europe vers – 1,8 million d’années, comme en témoignent les restes découverts à Dmanissi, en Géorgie. En allant vers l’ouest, tous les sites où l’on retrouve leurs traces (Atapuerca en Espagne, 1,2-1,1 million d’années ; Kozamika en Bulgarie, 1,4-1,2 million d’années ; Pirro en Italie ; 1,4-1,3 million d’années ; la grotte du Vallonnet dans les Alpes-Maritimes, autour du million d’années) sont plus récents que celui de Lézignan-la-Cèbe (1,5-1,6 million d’années). Les premiers hominidés seraient donc arrivés en Europe occidentale plus tôt qu’on ne le pensait.

Les choses ne vont pas en rester là. «L’an prochain, le chantier va être plus important, explique Jean-Yves Crochet. Il faudra obtenir toutes les données géologiques possibles, aussi bien en minéralogie qu’en datation avant de pouvoir refouiller plus profondément.» Avec, à la clé, le Graal des spécialistes du paléolithique : des ossements fossilisés d’hominidés. Rendez-vous dans un an… ou dans dix ans.

source : http://www.lefigaro.fr

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Cette exposition consacrée aux rites funéraires à Lugdunum (Ier siècle avant-IIIe siècle après J.-C .) et plus largement à la Gaule romaine, s’inscrit dans une tradition de recherches anciennes à Lyon: à l’origine des collections du musée, au XIXème siècle, les inscriptions funéraires ont tenu une place importante comme sources essentielles pour la connaissance de l’histoire ancienne. Lors de la création du musée, en 1975, c’est encore essentiellement sous l’angle de l’épigraphie qu’est abordé le domaine funéraire: les épitaphes apportent un éclairage sociologique aux différents thèmes présentés: vie domestique, artisanat, commerce… L’évolution des rites funéraires (passage de l’incinération à l’inhumation) et la nature des objets associés aux défunts commencent à être abordées.

Depuis, de nombreuses nécropoles ont été explorées sur tout le territoire lyonnais: sur la colline de Fourvière (rue de la Favorite 1 et 2, Lyon 5ème), dans la plaine de Vaise (fouilles du boulevard périphérique nord; de la villa Montel), sur la rive gauche du Rhône (à l’arrivée de la « voie d’Italie », Lyon 7ème)… essentiellement dans le cadre de fouilles préventives prescrites par L’Etat et mises en œuvre par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). La mise en œuvre de méthodes de fouilles spécifiques, l’application systématique des analyses anthropologiques sur le terrain même et non plus seulement en laboratoire, l’attention minutieuse portée au traitement des objets retrouvés dans les tombes… autorisent désormais une approche ethnographique des pratiques funéraires. Mis en perspective avec les textes, ces résultats restituent non seulement la complexité des rites propres à la religion romaine, mais débouchent aussi sur des questions d’ordre sociologique et culturel. Par la nature même du sujet, qui touche aux fondements même de la société, il s’agit sans aucun doute d’un des apports les plus notables de l’archéologie à la connaissance du monde gallo-romain. D’où le choix du thème de cette exposition, qui souhaite restituer au public ces progrès considérables enregistrés à Lyon au cours des 25 dernières années.

Le parti pris, dans la continuité de l’exposition La religion des Celtes, donnera une large place aux reconstitutions. Il s’agit de restituer les rites funéraires à l’époque romaine depuis le décès jusqu’à l’ensevelissement, mais en abordant aussi les cérémonies ultérieures et, in fine, la redécouverte moderne et les fouilles contemporaines des tombes et nécropoles de Lyon.

Au départ, une évocation de la veillée funèbre puis du cortège funéraire, conduira le visiteur au coeur de l’exposition, avec la reconstitution de l’espace d’une nécropole de la fin du Ier siècle après J.-C. Ainsi seront évoqués les pratiques de l’incinération, de l’inhumation, les banquets funéraires, les rites de mémoire, la nature et la fonction des objets déposés avec le défunt et plus largement la place des sépultures dans le paysage urbain, les rapports entre vivants et morts… On souhaite montrer que, dans l’antiquité romaine, la mort est considérée comme l’épilogue de la vie, et n’a donc rien de tragique et ainsi dédramatiser des notions liées pour l’essentiel au christianisme. On s’attachera également aux idées de mémoire familiale, voire civique. On essaiera enfin de suggérer la manière dont les sépultures reflètent la hiérarchie sociale, des plus grands mausolées jusqu’aux tombes constituées d’une simple amphore. Dans une seconde partie, seront évoquées la redécouverte des monuments et de pièces à l’époque moderne ainsi que les méthodes de l’archéologie (explication des techniques de l’anthropologie, de l’analyse des restes animaux et végétaux…).

Post Mortem – Rites funéraires à Lugdunum

Jusqu’au 30 mai 2010 au musée gallo-romain de Lyon

Renseignements complémentaires: http://www.musees-gallo-romains.com

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Près d’un millier de personnes auraient été victimes de pratiques ritualisées de cannibalisme, au Néolithique, vers 5.000 ans av. J.-C., sur le site de Herxheim, dans le sud-ouest de l’Allemagne, selon une étude publiée dans la dernière édition de la revue scientifique Antiquity.

Des fouilles réalisées sur ce site en 1996-1999 avant la construction d’installations industrielles et commerciales, puis de 2005 à 2008, ont permis de découvrir les restes de quelque 500 individus, alors qu’à peine la moitié de l’aire a été explorée.

Au total « plus de 1.000 individus » seraient concernés, selon Bruno Boulestin (Laboratoire d’anthropologie des populations du passé, Université de Bordeaux-1, France) et son équipe de chercheurs français et allemands.

Ils ont examiné précisément les restes de six adultes (dont au moins un homme), deux enfants (5-7 ans et 15 ans) et deux foetus retrouvés dans un des « dépôts ».

Les traces sur les os témoignent de tentatives d’enlever les chairs ou de couper des ligaments ou tendons « similaires avec des pratiques de boucherie sur les animaux », relèvent les chercheurs qui concluent que les dix occupants de ce dépôt « ont été cannibalisés ». Certains os auraient été rongés.

Il ne s’agit « pas du tout du canibalisme alimentaire », a précisé à l’AFP M. Boulestin, mais de « quelque chose d’extrêmement ritualisé ».

« Ils ont découpé des corps, ils ont cassé les os pour récupérer la moelle, ils les ont mangés », insiste-t-il, mais « il ne s’agit pas seulement de cela ».

En effet, les ossements humains sont « déposés de façon extrêment ritualisée, avec des céramiques qui viennent de très loin, des bris d’autres objets, des éléments d’animaux qui sont très sélectionnés » (cornes, pattes de chien, mandibules de carnivores), « tout ça est manifestement extrêmement codifié », ajoute-t-il.

Des anthropologues allemands avaient auparavant conclu à des pratiques funéraires.

Pour M. Boulestin, il est « impossible que ce soit une mortalité naturelle », compte tenu des âges des individus (« trop d’adultes et de grands enfants », jusqu’à « 16 adultes dans certains dépôts »), leur mort simultanée étant peu vraisemblable.

Sur ce site abritant plusieurs dizaines de « dépôts », ces phénomènes de cannibalisme se seraient déroulés en « moins de 50 ans ».

Sans exclure la possibilité de sacrifices humains, il relève que « c’est quelque chose d’extrêmement compliqué à démontrer en archéologie ».

Source : http://www.lemonde.fr/

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