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Archive for juin 2008

Une semaine de rencontres, conférences, débats, contes et musiques celtiques, expositions, balades commentées et concert de Myrdhin.

A Brocéliande du 5 au 11 juillet, à l’initiative de la Confédération de Fraternités Druidiques en partenariat avec la Maison des Sources de Tréhorenteuc.

Pour plus d’informations vous pouvez télécharger le programme ICI

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Empire. A peine trois ans de règne. Assez pour que l’histoire – chrétienne – l’affuble d’un épithète infamant. Lucien Jerphagnon raconte l’«empereurphilosophe».
Lucien Jerphagnon Julien dit l’Apostat Tallandier, 358 pp., 25 euros.
C’était à Lutèce par une nuit embrumée d’hiver, tout près de ce qui est aujourd’hui le boulevard Saint-Michel. Hurlements et fracas des épées contre les boucliers. Les fantassins gaulois se sont mutinés, refusant de partir pour les déserts torrides de la Perse et ils investissent le palais de leur jeune général. Timide philosophe envoyé par son cousin Constance II pour redresser la situation aux frontières, Julien s’est métamorphosé en quelques mois en un efficace chef de guerre qui les a portés de victoire en victoire. Maintenant, ils veulent le proclamer Auguste, c’est-à-dire empereur. Il hésite, puis cède à la foule.

L’usurpateur. «On l’embrasse, on l’entoure, des mains robustes l’empoignent, le placent d’autorité sur le bouclier d’un fantassin et le voilà hissé sur le pavois, ce qui était bien la première fois pour un empereur romain», raconte le philosophe et historien Lucien Jerphagnon, dans cette réédition remaniée de sa biographie de Julien dit l’Apostat. Le petit-neveu de Constantin le Grand, le premier empereur chrétien, commence son règne comme un chef barbare. Avec ses guerriers gaulois, il fonce au travers des Alpes, arrive jusqu’au Danube afin d’affronter les armées de son cousin. Ce dernier meurt inopinément. L’usurpateur devient empereur et il restaure le culte des anciens dieux. «Il revient à la religion millénaire qui avait fait la force des empires et la sérénité des hommes et il veut leur rendre leur innocence en tentant d’ôter le péché du monde», écrit son biographe. Pris par «l’ubris» – l’ivresse de soi – il se lance à l’assaut de la Perse. Il meurt peu après, en juin 363, tué dans une bataille près de l’actuelle Mossoul, dans le nord de l’Irak. Il avait 32 ans. Son règne avait duré moins de trois ans. L’empire redevint chrétien.

«La destinée religieuse de l’Occident avait failli basculer», explique dans la préface l’historien Paul Veyne, soulignant que Julien fait encore rêver «parce qu’il fut un grand peut-être». Ecrite avec souffle, débordante d’érudition mais jamais pédante, la biographie de Jerphagnon, réhabilite en partie la figure de l’empereur-philosophe, nourri de Platon, qui emportait ses «chers livres» en campagne. Il fut haï par les historiens chrétiens qui l’affublèrent de l’épithète infamant «d’apostat» et pendant des siècles, il fut le symbole même de l’Antéchrist. Mais le destin météorique de Julien fascina à l’opposé la Renaissance comme les Lumières, ainsi que de nombreux écrivains comme Ibsen ou Gore Vidal.

Le sous-titre ce livre foisonnant est «Histoire naturelle d’une famille sous le Bas-Empire». C’est en effet la fresque d’un univers finissant, avec ses débats philosophiques passionnés et ses conflits religieux violents, y compris entre chrétiens. Les barbares sont aux portes, pour la plupart déjà romanisés, un monde grouillant de guerriers, de femmes et d’enfants débordant les défenses là où elles s’affaiblissent, pour vivre en terre d’empire : «Le climat y était plus humain et les chances de subsister plus sûres.» Dans ce monde en plein tumulte se déroule la vie de Julien, dont les péripéties dépassent les intrigues les plus échevelées des romans historiques.

Tout commença par un grand massacre : son père, ses oncles, ses cousins – en tout, une vingtaine de personnes – sont égorgés devant ses yeux de gosse sur ordre du très chrétien empereur Constance pour éviter toute contestation dynastique. Nul ne sait pourquoi le petit Julien fut finalement épargné. Mais il est enfermé dans un palais au fin fond de la Cappadoce. Entouré de sbires et sans cesse surveillé, il est destiné à devenir prêtre. Il se noie dans les livres de philosophie. «Je ne sais ce qu’ont pu enseigner à Julien les ministres du culte du temps de sa jeunesse, mais je puis affirmer qu’en dépit des apparences, Julien n’a à aucun moment de sa vie été vraiment chrétien et il n’est donc pas apostat», analyse Julien Jerphagnon. Spécialiste de saint Augustin, il montre ce qui en ces temps tourmentés pouvait rapprocher la quête de sens du jeune Julien et celle du futur auteur des Confessions. Intellectuels chrétiens et païens lisaient les mêmes livres. Platon mais aussi Aristote, les stoïciens ou Plotin, tout en y donnant des sens diamétralement opposés. «Alors que les hommes ont tant de peine à s’arracher de la matière pour s’élever vers l’esprit qui est l’enseignement de la philosophie telle que l’entendait Julien, voilà que les chrétiens prêchaient un dieu spirituel qui, par une étrange aberration, vient s’empiéger dans un corps mortel et de fait était mort crucifié», souligne Jerphagnon pour expliquer cette totale incompréhension de la foi des chrétiens en «un dieu devenu homme afin que tous les hommes puissent devenir Dieu».

Galimatias. Aussitôt installé au pouvoir à Constantinople, Julien tente de rétablir cette tradition qui fut son refuge. Mais il est beaucoup trop tard : les dieux anciens sont morts tout comme le vieux monde gréco-romain. «Il rêvait d’un empire libéral à la façon des Antonins mais il organisait une théocratie, il prétendait imposer le règne de la raison et il incorporait à sa philosophie un illuminisme qui y contredisait», note l’auteur qui n’est guère tendre pour le galimatias idéologique du jeune empereur, «salmigondis logico-bucolique» où se mêlaient néoplatonisme, rites orientaux et culte du soleil. Il pense aussi faire reconstruire le temple de Jérusalem et y réinstaller les juifs. Mais il est réellement tolérant et ne lance aucune vague de sanglante persécution contre les chrétiens… qui ne lui en voudront que plus. «Il nous fait souffrir sans que nous puissions recueillir l’honneur d’avoir souffert en martyrs pour le Christ» , s’indigne un chroniqueur chrétien. Sa somme «contre les Galiléens», où il règle longuement ses comptes avec la foi de son enfance sera détruite après sa mort ; seuls quelques fragments ont survécu au travers des nombreux textes de réfutation. La peur qu’avait suscitée chez les chrétiens cette ultime tentative de restauration explique la hargne dont Julien, siècle après siècle, resta l’objet.

source: Libération.fr

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Des restes d’enfants-guerriers celtes viennent d’être étudiés par Yannick Ricard, chirurgien paléopathologiste (CHU d’Amiens), dans le cadre de recherches menées sur le site de Ribemont-sur-Ancre, dans la Somme. Une dizaine de milliers de Gaulois Ambiens et Armoricains s’y sont affrontés en 260 avant J.-G, (lire Sciences et Avenir n° 662 avril 2002). 10% des vestiges humains retrouvés dans un enclos rituel de 40 mètres de diamètre se sont révélés être des os d’adolescents âgés de 12 à 15 ans. «Nous avions déjà des soupçons sur la participation de très jeunes hommes dans les batailles, mais ces résultats nous en apportent la preuve. Une dépouille d’enfant-guerrier, inhumé avec des armes adaptées à sa taille, avait déjà été exhumée en Seine-et-Marne, a Barbey, en 2000», précise Jean-Louis Brunaux, archéologue du CNRS en charge du gisement de Ribemont. Si cette estimation ne concerne pour l’instant que l’étude limitée d’un sanctuaire sacré d’une quarantaine de corps, les travaux d’analyses doivent être prochainement étendus à l’ensemble du site «où ont été mis au jour des constructions macabres de tibias, d’os iliaques et autres témoignages de démembrements violents». D’après Plutarque et Xénophon, à Sparte, jusqu’au IIe siècle avant J.-C., «obéir, supporter, vaincre» était le mot d’ordre selon lequel les enfants mâles étaient éduqués. Entrés à 7 ans dans la vie militaire, ils étaient envoyés à 12 ans au combat. Cette pratique aurait donc été aussi en usage chez les Celtes.

Source : Bernadette Arnaud
Sciences et Avenir Juin 2008

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Vendredi 30 mai 2008 dépêhce AFP
Selon des archéologues britanniques, le cimetière de Stonehenge aurait abrité les dépouilles d’une famille royale. Les restes humains de la sépulture la plus ancienne retrouvée remontent à une période allant de 3030 à 2880 avant notre ère.
Stonehenge, le plus célèbre et mystérieux monument mégalithique d’Europe, a été un lieu de sépulture depuis son origine, il y a cinq mille ans, révèlent les premières datations au radiocarbone sur des restes de corps incinérés, rendues publiques jeudi.
« Il est maintenant clair que Stonehenge a été durant toutes ses grandes périodes un lieu de sépulture », explique Mike Parker Pearson, archéologue à l’Université de Sheffield (Grande-Bretagne). Il dirige avec le concours de la fondation américaine du National Geographic, le projet archéologique du « Stonehenge Riverside » devant s’achever en 2010.
Le site de Stonehenge, à l’ouest de l’Angleterre, « a été un cimetière depuis ses débuts et ce, jusqu’à son zénith au milieu du troisième millénaire » avant notre ère, ajoute-t-il.
« La sépulture de corps incinérés datant de la période des monolithes de Stonehenge (…) montre que Stonehenge a bien toujours été le domaine des morts », explique ce professeur d’archéologie.
Les restes humains calcinés de la sépulture la plus ancienne retrouvée à Stonehenge remontent à une période allant de 3.030 à 2.880 avant notre ère, selon ces datations.
Il s’agit d’un petit tas d’ossements carbonisés et de dents provenant d’un des trous sur le talus circulaire entourant le site, appelés « trous d’Audrey ».
Jusqu’alors les archéologues pensaient que Stonehenge avait commencé à être un cimetière seulement entre 2.700 et 2.600 avant notre ère et ce, avant que les célèbres blocs de grès ne soient érigés.
Le second site de sépulture contient les restes incinérés d’un adulte et datent de 2.930 à 2.870 avant notre ère.
La plus récente sépulture dans ce groupe, celle d’une jeune femme de 25 ans, remonte à 2.570 à 2.340 avant notre ère et correspond à la période marquant le début de l’édification des blocs de grès, indiquent les chercheurs.
C’est la première fois que des sépultures provenant de Stonehenge sont datées au radio-carbone (carbone 14), précise le Pr Pearson. Ces restes humains avaient été mis au jour dans les années 50 et conservés dans le musée de Salisbury tout proche.

Les archéologues estiment que les reliques de 240 personnes pourraient être enterrées sur le site mégalithique.

« Seule la moitié du site a fait l’objet de fouilles », a-t-il rappelé lors d’une conférence téléphonique.
Selon lui, les morts qui y sont enterrés « devaient être des personnes très spéciales ».

Andrew Chamberlain, spécialiste de démographique ancienne à l’université de Sheffield, suggère que Stonehenge serait le lieu de sépulture des membres d’une seule famille, peut-être une dynastie.

Sa théorie repose en particulier sur le fait qu’il y avait peu de tombes au début de Stonehenge et que leur nombre n’a cessé d’augmenter au cours des siècles alors que les descendants se multipliaient.
« Les archéologues pensent depuis longtemps que Stonehenge a été bâti par des chefs préhistoriques, peut-être une royauté ancienne, et les dernières découvertes laissent penser que cela devait être le cas, mais aussi que ce lieu était leur cimetière », selon le Pr Pearson.
Outre ces datations, les archéologues ont poursuivi les fouilles sur le site proche de Durrington Walls et mis au jour de nouvelles habitations d’un village où auraient vécu les bâtisseurs de Stonehenge.
Ces fouilles débutées en 2003 avaient permis de découvrir en 2006 les restes de huit habitations situées de chaque côté d’une avenue conduisant à une rivière.
Des examens magnétométriques avaient détecté des dizaines d’âtres dans une zone plus étendue indiquant que la vallée était peuplée de maisons de bois.
Stonehenge, inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité, attire annuellement des milliers de personnes pour la célébration du solstice d’été.

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