Généralités sur l’Auraicept
Une traduction complète de l’Auraicept depuis la version anglaise de Calder (1917) est en cours mais ce travail est de longue haleine. Il est rendu d’autant plus difficile que, depuis 1917, la connaissance de l’Irlandais ancien et moyen a fortement évolué, si bien qu’il est souvent nécessaire de commenter Calder au vu des résultats d’un siècle de travail des érudits irlandais. De plus, le rendu des poésies contenues dans l’Auraicept n’est pas toujours satisfaisant et il nous semble nécessaire de les re-discuter, un autre travail de longue haleine. Toutes les discussions et les résultats partiels sont donnés ailleurs (voyez à : http://www.nordic-life.org/nmh/AurFr.htm ).
C’est pourquoi nous ne vous présenterons ici que cette introduction générale et un tableau qui résume les connaissances de l’Ogam rapportées par l’Auraicept. Ce tableau n’est pas du tout une ‘vulgarisation’ de l’Auraicept, il ne se lit pas facilement, mais il ne comporte pas tous les commentaires nécessaires pour comprendre pourquoi notre traduction diffère parfois de celle de Calder (et de celle McManus pour ce qu’il appelle les kennings associés aux lettres de l’Ogam).
Voici l’en tête de la traduction de Calder
AURAICEPT NA N-ÉCES
LE MANUEL DES LETTRÉS
CE SONT LES TEXTES DE LA PARTIE DÉCRIVANT LES OGHAMS
DANS LE LIVRE DE BALLYMOTE ET LE LIVRE JAUNE
DE LECAN, ET LES TEXTES DU TREFHOCUL CONTENUS
DANS LE LIVRE DE LEINSTER
ÉDITÉS À PARTIR DE
HUIT MANUSCRITS, AVEC UNE INTRODUCTION, UNE TRADUCTION
DU TEXTE DU BALLYMOTE, DES NOTES et DES INDEX
PAR
GEORGE CALDER, B.D.
Lecteur [‘maître de conférences’] en Celtique, Université de Glasgow
EDINBURGH: JOHN GRANT
31 GEORGE IV. BRIDGE
Contenu du livre de Calder
L’œuvre de Calder comprend six parties :
son introduction en Anglais qui est partiellement traduite en Français,
la collation en Irlandais (principalement moyen mais aussi parfois ancien) et la traduction en Anglais de l’auraicept des versions du ‘Book of Ballymote’ (‘BB’) contenus dans les manuscrits B et E, qui est partiellement traduite en Français,
la collation en Irlandais de l’auraicept du ‘Yellow Book of Lecan’ et du ‘manuscrit Egerton’ (donc, non traduites en Anglais),
la collation en Irlandais du Trefhocul contenu dans les manuscrits LL et HM (non traduite),
la collation du ‘De Duilib Feda’ contenu dans BB et LL (non traduite),
la collation et la traduction en Anglais du ‘Ogam’ contenu dans BB, partiellement traduite en Français.
Liste des manuscrits utilisés par Calder
PREMIÈRE FAMILLE (Textes courts)
BB. B. Livre de Ballymote (308 β 44-333) 14ème siècle, R.I.A. [Royal Irish Academy]
E. MS. I., Advocates Library, Edinburgh.
L. Livre de Lecan, R.I.A.
M. HM. Livre de Hy Maine (Trefhocul, avec des exemples), R.I.A.
B, E, L contiennent le poème mnémonique mais pas le Trefhocul.
SECONDE FAMILLE (Textes longs)
YBL. Yellow Livre de Lecan (219 α 23-241 β 13). T.C.D. [Trinity College Dublin]
Eg. Egerton, 88 (63 1 β 26-761 α 41), British Museum.
YBL, Eg. ne contiennent pas le poème mnémonique ni le Trefhocul.
T. H.4.22 (pp. 159-207) T.C.D. Ce MS. est intermédiaire entre la première et la seconde famille. Il ne contient ni le Trefhocul ni le poème mnémonique, mais il présente un poème d’environ 200 strophes sur l’histoire biblique ancienne.
LL. xii. siècle, T.C.D. Le Trefhocul avec des exemples.
Ed. MS. vii. ii β 1-39, Advocates Library, le début d’un glossaire de l’Auraicept qui ressemble beaucoup au glossaire de Lecan.
Grammaires et dictionnaires consultés pour ces traductions
Rudolf Thurneysen, A Grammar of Old Irish, Dublin Institute for Advanced Studies, 2003.
MacBain, An Etymological Dictionary of the Gaelic Language, disponible en ligne à http://www.ceantar.org/Dicts/MB2/index.html. Il est dédié au gaélique écossais mais il contient de nombreuses formes irlandaises, galloises et bretonnes (et de nombreuses fautes d’orthographe dues à la digitalisation).
Dictionary of the Irish Language, E. G. Quin (Ed.), Royal Irish Academy, 2007. Se trouve en ligne sous le nom de ‘eDIL’ mais on ne peut alors le consulter que page à page. Ce dictionnaire est issu d’une lignée d’érudits irlandais qui lient le dictionnaire de O’Reilly (1868) à la version actuelle, encore en évolution, mais à peu près terminée en 1976. Il représente donc plus d’un siècle de travail collectif et Calder n’avait évidemment pas eu accès à toutes ces connaissances. Quand un mot de l’Auraicept n’existe pas dans cet immense dictionnaire, cela revient à dire qu’on ne lui connaît pas d’utilisation par ailleurs. Il faut bien se rendre compte que seule l’interprétation de Calder de l’Auraicept a été disponible depuis un siècle et qu’il tout à fait normal que d’autres choix que les siens aient été possibles. Le DIL nous fournit l’occasion de contrôler un peu les interprétations de Calder au vu de l’évolution de la linguistique irlandaise depuis un siècle.
J. Vendryes, Lexique étymologique de l’Irlandais ancien, CNRS et Dublin Institute for Advanced Studies, 1974 -1996 (disponible auprès de ce dernier organisme, ainsi que tous les numéros de la revue Ériu). Très enrichissant mais ne fournit que les lettres : A, B, C, D, M, N, O, P, R, S, T, U.
Évidemment, j’utilise aussi l’Auraicept lui-même et, en particulier, le « glossarial index » que Calder a placé à la fin de sa traduction.