Tradition celtique
février 25, 2008 par associationart
Contrairement à ce que j’ai si souvent entendu, comme quoi le druidisme est une spiritualité perdue depuis plus de mille ans et dont nous ne savons rien, je pense que les mythes et les légendes, certaines coutumes, des dictons populaires, des sites sacrés, les écrits des écoles bardiques qui se sont perpétués en Irlande , l’archéologie et les références historiques, les écrits des auteurs grecs et latins, le matériel et le savoir recueilli par les compagnons et les francs-maçons ……. tout ceci réuni permet de révéler une pratique, une mythologie et une source spirituelle fiables.
De plus, le druidisme fait partie de notre inconscient collectif et sa pratique réveille ces archétypes primordiaux, purement spirituels, hors du temps et de l’espace.
Une pratique spirituelle vieille de plusieurs milliers d’années
Nous voyons les premiers signes d’une pratique spirituelle en Europe vers 25000 ans avant notre ère, avec les peintures rupestres telles celles de Lascaux ou Altamira, que l’on ne considère plus aujourd’hui comme un simple témoignage artistique. Vingt mille ans plus tard, les hommes construisirent de grand cairns et tumulus, dont les gravures attestent d’un culte à la Déesse Mère.
Cette culture possède des connaissances approfondies en astronomie, ingénierie et mathématiques, deux mille avant la naissance de Pythagore !
Cette période de pré-celtisme cède la place à la période de l’histoire bien documentée, dans laquelle on peut lire les œuvres d’écrivains classiques, comme Jules César, sur les Celtes et les Druides. Nous découvrons que les Celtes avaient mis au point un système religieux très sophistiqué, avec trois classes.
Les Druides antiques
L’étymologie du mot druide est *dru qui veut dire « très » et *uid qui veut dire « savoir mais aussi arbre », le Druide est dont le « très savant », il possède l’autorité spirituelle, il administre le sacré et est l’intermédiaire entre les hommes et les Dieux. Il est aussi le détenteur du savoir et sa fonction ne s’arrête pas au spirituel. Il est aussi juge, enseignant, médecin, diplomate, historien, il pratique la divination et la magie. Il est aussi sous sa fonction de Barde celui qui est chargé de raconter les exploits et de les transmettre.
La hiérarchie, fondée sur le savoir, comportaient de nombreux grades et spécialisations.
Les Druides, selon César, se livrent à d’immenses spéculations qu’ils transmettent à la jeunesse. Son autorité est reconnue par tous, il est le conseillé politique, en effet le Roi ne parle jamais avant le Druide.
Les Vates ou ovates font partie de la catégorie des devins et médecins.
Les bardes plus tard appelés Filids en Irlande, se chargent de la poésie et de la littérature.
La christianisation
Avec l’avènement du christianisme, nous entrons dans une troisième période où les écoles sont devenues des écoles bardiques chrétiennes, et ont continué d’exister jusqu’au dix-septième siècle en Irlande, les Ovates sont probablement devenu les guérisseurs et les sages-femmes de campagne, et, si les Druides n’écrivaient pas leur enseignement, c’est par les moines irlandais, qui ont retranscrit un grand nombre des légende et de mythes, que l’enseignement oral des Druides a été transmis, que la connaissance et la spiritualité druidique n’a pas été perdue. St Patrick a également enregistré tous les vieilles lois celtiques en Irlande, nous fournissant des renseignements précieux sur l’éthique et la structure sociale de la culture celte.
La renaissance druidique
On nous a enseigné que nous étions des sauvages, jusqu’à l’arrivée du christianisme. Mais, avec la traduction et l’impression des textes classiques sur les druides, les Européens ont découvert que leurs ancêtres étaient loin d’être des sauvages. Ceci a provoqué une période dite de la renaissance Druidique, des groupes et des sociétés se sont formés pour étudier le druidisme et le celtisme.
La spiritualité druidique nous a permis de redécouvrir une nature sacrée, elle nous a offert une voie créativité et de liberté, profondément enracinée dans l’antique tradition.
Trois branches ont émergé :
En 1717 John Toland constitue une fédération de Clairières, le Druid Order.
En 1781, Henry Hurle fonde la lignée mutualiste de l’Ancient Order of Druids.
1792, Iolo Morganwg réunit à Londres le premier Gorsedd Beirdd Ynis Prydain (Collège des Bardes de l’Île de Bretagne). Et en 1899, une délégation bretonne, invitée à Cardiff, décide à son tour de fonder le Gorsedd de Bretagne. Puis la lignée des Collèges des Gaules initiée en 1932 par Philéas Lebesgue issues de la lignée de la Gorsedd Galloise.
Après deux siècles d’une histoire ambivalente, le Druidisme a finalement émergé au cours des quarante dernières années, afin d’offrir une voie spirituelle qui a vraiment fait appel à un héritage ancien, tout en veillant à ne pas prétendre être identique au Druidisme qui était pratiquée il y a deux mille ans.
Le Druide moderne
Aujourd’hui, il n’est bien entendu pas question de ressusciter une fonction qui a disparu en tant que composante sociale. D’ailleurs, si le druidisme avait survécu à la christianisation, les Druides n’auraient plus les hautes fonctions politiques qu’il occupaient, après la séparation de l’état et du clergé.
Le druidisme est devenu un quête spirituelle et initiatique. Il est aussi le gardien de cette tradition retrouvée.
Les Druides modernes continuent aujourd’hui à organiser les fêtes saisonnières. Samain est le moment d’honorer les morts et le début de l’hiver; Imbolc est la fête de la Déesse ; Beltaine marque le début de l’été; Lugnasad coïncide avec la récolte. Bon nombre de druides modernes célèbrent aussi les solstice et / ou équinoxes.
Les Druides travaillent à re-construire des relations harmonieuses avec les divinités, les ancêtres, les esprits de la terre, des animaux, des arbres, des rochers, des rivières et de l’humanité, à la fois par le rituel et par le biais de leur activité et des actions de tous les jours.
Le rôle du Druide est aujourd’hui de retrouver la philosophie, la sagesse, les symboles et archétypes, pour les transmettre. Mais aussi retrouver les lieux sacrés, perpétuer les rites sur ces lieux, certains rites païens ne se sont pas totalement perdus,
Le Druide doit vibrer à nouveau avec ces espaces sacrés, composantes du divin, recréer l’osmose pour que revive cette tradition, recréer le lien avec les Dieux oubliés qui nous sont aussi intérieurs.
Le Druide, après avoir retrouvé cette tradition, se doit de la garder, de la perpétuer et de la faire vivre. Le Druide va aider à la recherche des énergies spirituelles et de l’inspiration créatrice.
Il va porter le chant sacré de l’Awen.
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